MOSCOU (AFP) — Plus de 20 personnes ont été tuées et 21 blessées samedi lors d’un accident à bord d’un sous-marin à propulsion nucléaire de la Flotte russe du Pacifique, les autorités affirmant que le submersible est intact et les niveaux de radiation "normaux".
"Au cours d’un test d’un sous-marin nucléaire, le système anti-incendie a connu une défaillance, tuant plus de 20 personnes, parmi lesquelles des militaires et des ouvriers", a annoncé à l’AFP un responsable de la marine russe, le capitaine de vaisseau Igor Dygalo.
"Le sous-marin n’est pas endommagé, son réacteur fonctionne normalement et les niveaux de radiation enregistrés à bord du sous-marin sont normaux", a-t-il souligné.
Au total, 208 personnes se trouvaient à bord, dont 81 militaires et des employés d’un chantier naval, a-t-il ajouté. Aucune précision n’a été fournie sur la classe du submersible et l’éventuelle présence à bord d’armements.
Selon une source au chantier naval où il a été construit à Komsomolsk-sur-Amour (Extrême-orient russe), citée par l’agence Ria Novosti, il s’agit du sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire "Nerpa" (projet 971 Shuka-B, Akula dans la classification de l’Otan).
Ce tout nouveau sous-marin, qui a effectué sa première plongée début novembre, se trouvait dans la mer du Japon lors de l’incident, a ajouté cette source.
Il a reçu l’ordre immédiat de cesser son exercice et de rentrer au port dans la région du Littoral (Primorié, dont Vladivostok est le chef-lieu) à l’extrême sud-est de la Russie, a indiqué Igor Dygalo, sans plus de précisions.
"Il doit arriver à destination (dimanche) d’ici la mi-journée heure de Moscou (environ 09h00 GMT). Beaucoup dépendra des conditions météorologiques", a précisé une source haut placée au commandement de la Flotte du Pacifique, citée par Ria. Le décalage horaire entre Moscou et Vladivostok est de sept heures.
Les 21 blessés ont été évacués, dans des états de gravité variable, vers le destroyer anti-sous-marin "Amiral Tribouts", qui accompagnait le submersible.
Selon un expert militaire cité par les agences russes, le système anti-incendie s’est déclenché à la suite "d’erreurs techniques" commises par le personnel du chantier naval qui effectuait les tests à bord.
La défaillance du système anti-incendie s’est produite dans un ou deux compartiments au maximum du sous-marin, qui ont ensuite été ventilés de même que les compartiments adjacents, a ajouté cet expert.
Selon l’expert cité par Ria, "une erreur de programmation ou d’exploitation" a pu déclencher le système anti-incendie.
Lorsqu’un incendie se déclare dans le compartiment d’un sous-marin, l’oxygène en est retiré ou un gaz utilisé pour le neutraliser, mettant en danger la vie des membres d’équipage qui s’y trouvent.
Le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, a notifié l’incident au président Dmitri Medvedev, qui a demandé l’ouverture d’une enquête "complète et méticuleuse", ainsi que "le plus grand soutien possible aux familles des victimes".
La Russie garde un souvenir douloureux du naufrage du sous-marin nucléaire Koursk - fleuron de la flotte russe - dans lequel 118 marins périrent par 109 mètres de fond en août 2000 en mer de Barents (nord-ouest de la Russie) à la suite de l’explosion d’une des torpilles.
Les autorités russes avaient alors tardé à accepter l’aide étrangère pour sauver d’éventuels survivants. Alors que la nation vivait le drame en direct, le président Vladimir Poutine avait continué ses vacances au bord de la mer Noire et n’était intervenu que quatre jours après le naufrage pour dire que la situation était "critique" mais que la Russie disposait de "tout le nécessaire" pour le sauvetage.
En août 2005, sept marins russes prisonniers de leur bathyscaphe au large de la presqu’île du Kamtchatka (Extrême-orient russe) avaient été secourus grâce à l’aide d’un robot sous-marin britannique qui avait dégagé le sous-marin des câbles l’emprisonnant.