WASHINGTON (AFP) – L’armée américaine a perdu le contact samedi dernier pendant 45 minutes avec cinquante missiles nucléaires balistiques intercontinentaux, une des armes les plus puissantes du monde, en raison d’une panne du matériel informatique, a annoncé mercredi un responsable du Pentagone. La panne a apparemment pour origine une avarie matérielle, a indiqué ce responsable, membre de l’armée de l’Air, sous couvert de l’anonymat. Concrètement, la communication entre ces armes, stockées sur la base de Francis E. Warren, dans le Wyoming (ouest), et ceux qui les contrôlent a été "interrompue", a-t-on précisé. "L’incident a duré trois quarts d’heure", a dit le responsable. "Dès que c’est arrivé, il y a eu un contrôle de sécurité de tous les sites de missiles", effectué par caméras et par des équipes de l’armée, a-t-il ajouté. "L’équipement ne présentait pas de dégât apparent". Le président Barack Obama a été informé tôt mardi de l’incident, selon la chaîne CBS News, qui précise, citant une source au sein de l’administration américaine, que la marge de manoeuvre du président concernant l’utilisation des armes nucléaires n’a pas été affectée. Des enquêteurs ont découvert mardi que des incidents similaires étaient survenus sur d’autres sites il y a plus de dix ans, aussi concentrent-ils leurs efforts sur un problème matériel. "On dirait que c’est un problème mécanique avec une certaine partie" du dispositif, a indiqué le responsable de l’armée. La thèse d’un acte hostile semble écartée, a-t-il déclaré. "Nous ne disposons d’aucun élément suggérant qu’un acte malveillant ou délibéré est à l’origine de ce qui s’est passé". Les autres missiles présents sur la base n’ont pas été affectées, de même que les 300 missiles se trouvant dans des bases du Montana (nord-ouest) et du Dakota du Nord (nord), a-t-il assuré. L’Air Force Global Strike Command, une division de commandement de l’armée américaine, contrôle 450 missiles intercontinentaux Minutemen III stockés dans ces différentes bases. Equipés de têtes nucléaires uniques ou multiples, les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) ont une portée de 5.500 kilomètres. Les scénarios de guerre nucléaire totale donnent à ces armes le premier rôle. Au-delà de ces missiles, l’armée américaine peut envoyer des missiles par avions ou les lancer depuis des sous-marins.