Accompagné de son épouse, de 7 ministres et d’une impressionnante délégation de patrons (AREVA, Dassault Aviation, EADS, Thalès, Alstom...) représentant en particulier les fleurons de l’industrie française : le nucléaire et l’armement, le Président de la République a commencé samedi 4 décembre une visite de quatre jours en Inde, destinée à renforcer le partenariat stratégique et commercial franco-indien instauré en 1998 par Jacques Chirac. Ce déplacement s’inscrit entre ceux du président américain Barack Obama et du premier ministre chinois Wen Jiabao et marque « la reconnaissance » par la France du « deuxième moteur de la croissance mondiale » après la Chine, dit-on à l’Elysée. La France est le cinquième partenaire commercial de l’Inde en Europe avec 5,36 milliards d’euros d’échanges de biens et de services. Ce voyage vise principalement à faire avancer les discussions sur la construction, par le groupe nucléaire français Areva, de deux puis quatre centrales de type EPR, et à obtenir un accord pour la modernisation, par l’industriel Thalès, de 51 avions de combat Mirage 2000 de l’armée de l’air indienne. Toutefois, selon le ministère des affaires étrangères indien, « aucun contrat dans la défense ne devrait être signé lors de la visite car ce sont des négociations indépendantes de la visite présidentielle ». Selon New Delhi, « d’actives négociations commerciales » sont effectivement en cours entre Areva et la compagnie publique NPC (Nuclear Power Corporation) pour trouver « un accord-cadre » pour la construction des deux premiers réacteurs dans l’ouest du pays, ce qui serait « une première » en Inde. En matière de défense, la France a également répondu à l’appel d’offres indien lancé en 2007 pour la livraison l’an prochain de 126 avions de combat, un contrat d’environ 9 milliards d’euros, en proposant le Rafale de Dassault, que Paris n’est encore jamais parvenu à exporter. La visite a commencé samedi matin à l’Institut spatial indien de Bangalore (Sud), pôle économique et scientifique d’importance mondiale, considéré comme la Silicon Valley de l’Inde. Dans son discours d’arrivée, Nicolas Sarkozy a déclaré que la France réclamait pour l’Inde un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU - et que les six EPR qu’elle se proposait de lui vendre fourniraient à l’Inde "10 000 mégawatts d’énergie non polluante". Le couple présidentiel visite ce dimanche 5 décembre à Agra (Centre) le Taj Mahal, haut lieu touristique que Nicolas Sarkozy avait visité seul et au pas de course lors de sa première visite en Inde en 2008, ce que les Indiens avaient modérément apprécié. Lundi à New Delhi, il s’entretiendra avec le premier ministre indien Manmohan Singh, rencontrera également la présidente Pratibha Patil ainsi que la communauté française. Le lendemain, à Bombay, il présidera une cérémonie d’hommage aux victimes des attentats qui avaient fait 166 morts en novembre 2008. (D’après une dépêche AFP et d’après l’envoyé spécial de BFMTV)