A 9 heures locales ce mardi matin, 15 mars, dans l’unité du réacteur n°4 de Fukushima Dai-ichi, une piscine de stockage de combustible usé a pris feu, à cause d’un phénomène d’assèchement dû au fait que le liquide de refroidissement n’arrivait plus au bassin de combustible usé. Le caisson de zirconium risque alors de prendre feu, dans l’atmosphère humide, et de réagir avec la vapeur d’eau en produisant de l’oxyde de zirconium et de l’hydrogène. (En fait c’est là l’origine de la majeure partie de l’hydrogène qui a explosé dans les unités 1 et 3. Il est tout à fait possible que l’explosion encore plus importante qui a eu lieu dans l’unité 2 ait été une explosion de vapeur causée par le contact soudain entre du combustible fondu et l’eau déversée pour tenter de refroidir le coeur.) Pour revenir à la piscine de combustible usé, non seulement l’incendie du caisson de zirconium laisse s’échapper des produits de fission qui se trouvent dans l’espace entre les pastilles de combustible et la gaine (gaz et vapeurs), mais aussi la chaleur intense dégagée par cette réaction exothermique (pensez à du magnésium en feu) élève la température du combustible irradié, si bien que 10 à 100% des autres produits de fission volatils, comme le césium, risquent de s’échapper. Pire encore, le bassin de combustible usé n’est pas à l’intérieur de l’enveloppe de confinement primaire, mais est situé en hauteur, au-dessus du coeur du réacteur. Donc, quand le confinement secondaire est endommagé par les explosions d’hydrogène, les bassins de combustible usé sont alors en contact direct avec l’atmosphère. Les risques de rejets potentiels sont alors beaucoup plus importants et peuvent se produire beaucoup plus rapidement que s’ils provenaient du coeur du réacteur. Les piscines de combustible usé des autres réacteurs sont également vulnérables. Gordon Edwards ccnr@web.ca Traduction ACDN