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Fukushima : TEPCO recconnaît que, comme celui du N°1, les cœurs des réacteurs N°2 et 3 ont fondu

Publié le 24 mai 2011

24 mai 2011 - Après avoir admis la fusion totale du coeur du réacteur N°1, Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, reconnait que le cœur des réacteurs N°2 et 3 a probablement également fondu dans les jours qui ont suivi le séisme du 11 mars 2011. D’après ses données, dont les conclusions sont rendues publiques près de 2 mois et demi après le début de la catastrophe, Tepco définit ainsi le scénario :

- 12 mars, 16h50 : Fusion totale du cœur du réacteur 1.
- 13 mars, 02h00 : Perte du système de refroidissement du réacteur 3.
- 13 mars, 09h00 : Début de la fusion du cœur du réacteur 3.
- 14 mars, 03h00 : Fusion totale du cœur du réacteur 3.
- 14 mars, 13h00 : Perte su système de refroidissement du réacteur 2.
- 14 mars, 20h00 : Début de la fusion du cœur du réacteur 2.
- 15 mars, 20h00 : Fusion totale du cœur du réacteur 2.

Source

L’information du 2 mai publiée ici se trouve donc confirmée.


Polémiques

Une polémique est apparue au sujet du délai qu’il a fallu à Tepco pour reconnaître publiquement les fusions totales des cœurs des réacteurs N°1, 2 et 3. L’opérateur de la centrale se défend en déclarant qu’il s’est concentré sur les mesures de refroidissement et n’a pas pris le temps d’analyser les données. La NHK cite Masanori Naito, de l’Institute of Applied Energy, qui estime que ces informations auraient pu être analysées en une journée. Et il estime que ce travail aurait dû être fait beaucoup plus tôt afin de donner des pistes d’action pour le refroidissement et les suites des opérations sur la centrale.

On peut également s’étonner, par ailleurs, de la disparition du réacteur N°4 dans les déclarations de Tepco, alors même qu’il fait partie des trois (1,3 et 4) qui ont subi une explosion qui a détruit le toit du bâtiment. Comment Tepco peut-il avoir réuni et analysé les données des réacteurs 1, 2 et 3 et pas du N°4 ? Son silence cache-t-il quelque chose de différent dans ce dernier cas ? Une fois de plus, la stratégie de distillation de l’information de l’opérateur de Fukushima Daiichi a tendance à se retourner contre lui. De plus, cette attitude rejaillit sur l’ensemble de l’industrie nucléaire mondiale qui clame sa volonté de transparence totale...
Une autre polémique concerne la hauteur de la vague qui a frappé Fukushima Daiichi le 11 mars 2011. Tepco affirme que le tsunami a atteint de 14 à 15 mètres. Cette thèse semble confirmée par les photos publiées le 21 mai et qui montrent des réservoirs noyés sous 4 à 5 mètres d’eau. Or, la centrale est construite à une altitude de 10 mètres au dessus du niveau de la mer. les 15 mètres seraient donc cohérents avec ces images. Pourtant, un article de l’Asahi Shimbun relate des contestations. Certains analystes des images de Tepco et de prises de vue aériennes penchent pour une hauteur de vague de 10 mètres. Ce débat n’est pas purement technique. En effet, plus la vague a été haute, plus Tepco peut argumenter du fait que le phénomène était tout à fait exceptionnel. Une telle reconnaissance aurait de fortes conséquences sur le niveau des compensations financières que l’opérateur doit verser aux familles évacuées autour de la centrale. Le 25 avril, Tepco avait déclaré : "Étant donné que le tsunami était si important qu’il a atteint la hauteurs de 14 à 15 mètres, on peut l’interpréter comme un "acte de Dieu d’extrême ampleur"".

M.A., France-Culture