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Va-t-on tirer la leçon des accidents militaires russes ?
Neuf individus prêts à faire sauter la planète. Que fait le Parlement français pour les neutraliser ?




Publié le 16 août 2019

Ils sont 9, autant qu’on sache à avoir le doigt sur le bouton atomique (à moins qu’ils ne soient dix avec l’Arabie Saoudite). Neuf chefs d’Etats dotés d’armes nucléaires, prêts à les faire exploser à tout moment pour la bonne cause : la leur, bien sûr.

Vont-ils entendre le terrible coup de semonce que leur a lancé le 8 août dernier l’explosion du missile expérimental russe à propulsion nucléaire, baptisé « Déluge » par l’OTAN, qui a fait 5 morts sur la base de Nionoska, non loin de Severodvinsk ? Rien n’est moins sûr. L’explosion et l’incendie qui, dans la même région, avaient tué un mois plus tôt 14 officiers à bord du sous-marin de recherches ultrasecret AS-12 « Locharik », lui aussi à propulsion nucléaire, n’y avait pas suffi.

Réagissant à l’accident, Derek Johnson, directeur exécutif du mouvement international Global Zero pour l’élimination de toutes les armes nucléaires vient de publier une déclaration où il dit notamment :

« S’agissant d’armes nucléaires, les Etats-Unis et la Russie sont les pires délinquants du monde – les deux pays prodiguent des centaines de milliards de dollars pour moderniser leurs énormes arsenaux – mais l’accident de Nionoska suggère que la Russie passe au niveau supérieur. Une tête nucléaire capable de réduire en cendres une ville entière est déjà bien assez mauvaise, mais flanquez-la sur un système de délivrance à propulsion nucléaire et vous avez entre les mains quelque chose de franchement instable – jusqu’à l’idiotie. C’est la raison pour laquelle les Etats-Unis ont renoncé à développer, il y a un demi-siècle, un missile de croisière du même genre à propulsion nucléaire : ces choses sont énormément dangereuses, trop dangereuses même pour les essayer.

« Vladimir Poutine poursuit cette arme fantasmatique afin de déjouer les systèmes de défense des Etats-Unis – ces systèmes survendus au public américain et aux gouvernements étrangers en dépit de leurs résultats fort incertains. Et tandis que Donald Trump prétend que les Etats-Unis possèdent déjà une version plus avancée de ce type de missile de croisière, ce qui est dépourvu de réalité, son administration s’apprête probablement à doubler la mise sur des capacités douteuses et de dangereux systèmes d’armes qui ne feront qu’accroître le risque déjà inacceptable de conflit nucléaire.

« Ce qui s’est produit la semaine dernière à Nionoska met en évidence à quel point dramatique la Russie et les Etats-Unis se meuvent dans la mauvaise direction. Nous nous écartons de plus en plus loin et de plus en plus vite du principe selon lequel « une guerre nucléaire ne peut pas être gagnée et ne doit jamais être livrée ». Washington et Moscou feraient bien de se rappeler les dures leçons de la Guerre Froide – et cesser de saper les progrès constants qui ont ramené les arsenaux nucléaires de leur pic de 70 000 armes en 1986 à moins de 14 000 aujourd’hui. Davantage d’armes nucléaires ne signifie pas davantage de sécurité ; il est urgent que nous changions de route. »

Changer de route, c’est ce que veulent 85% des Français, d’après un sondage de l’IFOP. Ils veulent "que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des Etats concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace". Ils veulent pouvoir le dire par référendum.

Députés et sénateurs peuvent le leur permettre en répondant à l’APPEL AU PARLEMENT FRANÇAIS qui leur a été lancé depuis Saintes le 6 août 2019.

Post-Scriptum

"Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, a laissé entendre vendredi que l’Inde pourrait remettre en cause sa doctrine de non-recours en premier à l’arme nucléaire, dans un contexte de tensions accrues avec le Pakistan, à propos de la région himalayenne du Cachemire." El Moudjahid, dimanche 18 août 2019.

La France pour sa part ne remet pas en cause sa doctrine, mais confirme au contraire qu’elle s’autorise à recourir en premier à l’arme nucléaire.