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Une page se tourne
La deuxième mort de Lénine : fin du lénino-stalinisme !
par Jean Marti


Publié le 19 mars 2013

On annonce ce soir, 19 mars 2013 à 23 heures, sur Arte, une émission intitulée : « Lénine, la fin du mythe ».

Si son contenu confirme le titre, c’est un enterrement à ne manquer à aucun prix : la fin d’un des pires grands mythes du XXe siècle.


En mars 1976, la revue Critique publiait un article intitulé : « La psychanalyse en Russie et en Union Soviétique de 1909 à 1930 » qui révéla l’existence, totalement occultée et ignorée jusque là, d’un mouvement psychanalytique russe. Voici ce que j’écrivais dans cet article, dont la préparation poursuivie pendant huit ans en France et en Union soviétique m’avait conduit à former le concept de "lénino-stalinisme".

« C’est très précisément entre les deux dates de 1921 et 1930 - soit la victoire hégémonique du pouvoir bolchevique, puis la domination hégémonique de la tendance stalinienne sur le Parti- que le mouvement psychanalytique russe va connaître, dans un combat douteux, un certain essor, puis une défaite certaine. Il mourra broyé entre deux évolutions : celle, idéologique, du mouvement psychanalytique international et celle du régime socio-politique de l’Union soviétique - de loin la plus décisive, évidemment. Il conviendrait - mais le cadre restreint d’un article ne le permet pas - de rétablir les conditions économiques, politiques et culturelles seules susceptibles d’expliquer cette lente, insidieuse, et finalement brutale mise à mort. En échange de quoi le destin du mouvement fournirait un éclairage singulièrement complémentaire sur la tragédie politique de la Révolution Russe à partir de 1918  : avec un décalage chronologique dû notamment à son caractère non immédiatement politique, la psychanalyse sous le régime dit « soviétique » reproduit et reflète la destinée des révolutionnaires. Lorsque la pièce commence, elle est déjà pratiquement jouée, mais personne parmi les psychanalystes ne l’aura su alors - sauf une suicidée peut-être : le docteur Rosenthal.

« La mort de cette militante passionnée peut paraître une énigme. Le docteur [Sarah] Neiditsch qui la connaissait bien, écrit : « C’était un être très compliqué : indubitablement très douée, et très active, elle était aussi pleine d’une profonde insatisfaction intérieure. Sous un extérieur froid, derrière l’assurance de toute son attitude, l’acuité de son entendement et la clarté de sa pensée, se cachait une continuelle inquiétude intérieure ; une âme tendre, romantico-mystique. Un petit recueil de poèmes qui parurent à Pétrograd en 1917 exprime au mieux ces dispositions. » « Elle était jeune (elle avait trente-six ans), douée, active, heureuse dans sa profession, mère d’un enfant bien doué qu’elle aimait tendrement. Elle s’est donné la mort, victime d’un destin qu’elle a voulu, et de ses propres forces. » Mais ce suicide s’inscrit dans un certain contexte : c’est le moment où le Parti bolchevique écrase les grèves ouvrières de Pétrograd et le mouvement de masse (base bolchevique incluse) de Cronstadt. « Lénine, écrit Victor Serge ( Mémoires d’un révolutionnaire, Seuil, p. 144), en ces journées noires, dit textuellement à l’un de mes amis : « C’est Thermidor. Mais nous ne nous laisserons pas guillotiner. Nous ferons Thermidor nous-mêmes ! » (Note 6)

« Mars 1921 : fin de la guerre civile (à l’exception de mouvements localisés, comme celui de la région de Tambov, vaincu en été). Débarrassée de toute opposition extérieure ou intérieure (« l’opposition ouvrière » a été littéralement jugulée pendant le Xe Congrès) ; abandonnant enfin le « communisme de guerre » (les réquisitions), mais sans accorder les libertés revendiquées par Cronstadt, assurant grâce à la N.E.P. [Nouvelle politique économique] un regain de production paysanne, qui va écarter à terme le spectre de la famine (cinq millions de personnes meurent de faim en 1921), la « majorité léniniste » contrôle solidement le Parti. Et celui-ci, dans des Soviets vidés de toute vie démocratique, ou des bureaux dont bon nombre sont déjà contrôlés centralement par Staline, exerce une « dictature du prolétariat » qui fait déjà les affaires des arrivistes et bientôt des Nepmen. Quant à la vie intellectuelle... « Depuis Cronstadt, poursuit Victor Serge, Pétrograd vivait sous la recrudescence de la Terreur... J’appartenais à la dernière des associations de pensée libre, je crois bien que j’y étais le seul communiste. C’était la Libre Association philosophique (Volfila) , dont un grand poète, André Biély, était le véritable animateur... La Tchéka et le Parti guignaient de travers la Volfila . Ses dirigeants se demandaient chaque jour s’ils n’allaient pas être arrêtés. » (Ils ont été réduits au silence quelques mois plus tard.)

« Mars 1921 : une association psychanalytique se fonde à Moscou. Librement. L’association libre est un des fondements de la psychanalyse. »

Jean Marti

Note 6. Trotsky, pour sa part, fera remonter « Thermidor » à la chute de « l’Opposition de gauche » (la sienne), fin 1927. Il est vrai que le 18 mars 1921, comme il venait tout juste de liquider Cronstadt dans le sang, pour le 50e anniversaire de la Commune de Paris... Trotsky stigmatisait Thiers et Gallifet, « massacreurs du peuple ». Sur cet épisode controversé, on confrontera avec profit les discours de Lénine au Xe congrès du PC(b)R ( Œuvres Complètes, T 32) aux témoignages de Victor Serge, de Voline ( La Révolution inconnue ) et surtout aux Izvestia de Cronstadt ( La Commune de Cronstadt, Bélibaste édit.).


Hélas, le film diffusé par Arte, long monologue confus, subjectif, soporifique, ne fait que plaquer sur des images de musées, de guides touristiques, d’archives ou de films le plus souvent dénuées de lien avec ce qui est dit, une condamnation de Lénine qui semble parfaitement arbitraire même quand elle est juste, et réussit ce tour de force de le rendre sympathique en le disant odieux. Brouillant toute perspective contextuelle, le film ne permet pas de comprendre l’engrenage historique ayant conduit la Russie et les Russes de l’espoir né en 1905, resurgi en février 17, à la terreur stalinienne et l’horreur du Goulag.

L’histoire du lénino-stalinisme reste à écrire. Et à filmer, car il doit être possible de restituer la vérité des victimes de l’histoire, même quand leurs bourreaux (souvent passés ensuite au rang de victimes) ont fait disparaître à peu près toute image et toute trace du crime.



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