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Pour une Europe démocratique, sans armes nucléaires
Par Mikaël Böök


Publié le 10 septembre 2009

Mary Kaldor, spécialiste britannique de la politique militaire, est une dirigeante historique du mouvement European Nuclear Disarmament (END). Elle a récemment publié sur le site openDemocracy.net un article intitulé « Dismantling the Global Nuclear infrastructure » (« Démanteler l’infrastructure nucléaire mondiale »). Mikael Böök (Finlande) y apporte ci-dessous son commentaire personnel.


Prenons comme point de départ le passage de Mary Kaldor sur la reprise actuelle des négociations entre les grandes puissances sur le contrôle des armements :

« Le problème, avec les propositions de contrôle des armements, c’est qu’elles traitent les armes nucléaires comme si celles-ci faisaient partie de l’arsenal normal des Etats - en quelque sorte elles « naturalisent » les armes nucléaires. Et pourtant, nous ne pourrons pas atteindre le sommet de la montagne sans commencer par modifier les hypothèses fondamentales et sans repenser les implications de la possession d’armes nucléaires dans le monde globalisé actuel. »

Le lien entre les armes nucléaires et le statut de grande puissance peut être dissous en Europe, par les peuples européens eux-mêmes. Nous avons besoin d’un mouvement européen pro-européen pour le désarmement nucléaire. Pro-européen, c’est-à-dire en faveur de la création d’un Etat européen démocratique - une véritable Union européenne.

Certains de ceux qu’on appelle les pères de l’Union européenne envisageaient une telle situation, comme Altiero Spinelli et d’autres encore dans le Manifeste de Ventotene (1941) et dans le Traité instituant l’Union européenne (élaboré par Spinelli, soumis au vote du Parlement européen en février 1984, approuvé par une large majorité, mais envoyé ensuite aux oubliettes par Mme Thatcher et Cie). Mary Kaldor, avec sa vision du désarmement nucléaire en Europe, pourrait un jour être appelée la mère de l’UE, si nous parvenons à introduire la dénucléarisation dans la question constitutionnelle où elle mérite d’être.

Autrement dit : la criminalisation des armes nucléaires doit être inscrite dans le traité de base -la constitution- de l’UE. Désormais, cette nouvelle grande puissance, l’Union européenne, devrait être identifiée par sa dénucléarisation.

Nous devons nous occuper de choses qui peuvent être changées. Indubitablement, les armes nucléaires appartiennent à cette catégorie. Leur abolition est un objectif concret et limité qui dépend de notre volonté. Il est certainement plus difficile de prendre le contrôle sur le climat de la terre pour le changer dans une certaine direction que de démanteler les armes nucléaires, zone par zone, en commençant ici, en Europe. Il est, de toute façon, de notre devoir de nous débarrasser de nos armes nucléaires, parce que c’est un préalable indispensable à une vie heureuse. En outre, il est parfaitement contradictoire et hypocrite de commander de nouveaux missiles nucléaires et d’injecter des milliards dans la « défense antimissiles », d’un côté, tout en faisant mine de s’attaquer à la crise du climat, de l’autre côté. C’est là un terrible exemple de ce qu’on a appelé à juste titre ‘le déni de réalité’. Le banquet est terminé, disait un sage en parlant de la situation générale, dès 1975. En 2009, il est déjà trop tard pour le dire parce que maintenant, les orgies du "Nachspiel" [2] elles-mêmes touchent à leur fin.

Peut-on encore faire quelque chose dans un pareil contexte ? Oui. En s’opposant au traité de Lisbonne, d’abord.

Le traité de Lisbonne ne criminalise pas les nouveaux missiles M51 avec leurs nouvelles ogives nucléaires océaniques. Il n’interdit pas le programme de modernisation du Trident britannique. Il ne dissout pas le lien entre les armes nucléaires et le statut de grande puissance. Il ne dissocie pas l’UE des armes nucléaires des États-Unis ni de la stratégie nucléaire de l’OTAN.

Il est temps par conséquent pour tous les Européens de soutenir le NON à Lisbonne de la Campagne de l’Alliance irlandaise pour la paix et la neutralité (PANA). [3]

Une autre chose à faire est de veiller à ce que la question d’une zone exempte d’armes nucléaires soit posée à propos de l’Europe - et pas seulement du Nord-Est asiatique ou du Moyen-Orient -, qu’elle soit à l’ordre du jour, au moins dans la conscience du public, lorsque les dirigeants du Conseil de sécurité discuteront à nouveau des questions nucléaires, à la demande du président Obama, le 24 septembre 2009. [4]

"Nous avons besoin d’une nouvelle génération de politiciens, de diplomates et de citoyens qui comprennent pleinement ce qui s’est passé dans le monde d’aujourd’hui, où les armes nucléaires sont en train de devenir une métaphore de la puissance militaire en général." Encore une fois, Mary Kaldor met le doigt dessus. Il faut espérer que ses paroles parviennent aux oreilles de notre ministre des Affaires étrangères, le jeune Alexander Stubb.

Mettons fin au déni de réalité. Admettons que les armes nucléaires sont liées à presque tout dans nos sociétés. Une société qui n’abolit pas ces armes de destruction massive ne peut plus s’appeler civile, ni atteindre le bien commun. La société civile tout entière doit s’impliquer dans la dénucléarisation de l’Europe.

Mikael Böök

- book@kapeli.fi
- www.kaapeli.fi/book


Notes :

[1] Cf. Mary Kaldor : Dismantling the Global Nuclear infrastructure, in openDemocracy News Analysis, le 7 août, 2009.

"The problem with arms control proposals is that they treat nuclear weapons as though they were part of the normal armoury of states - they naturalise nuclear weapons. And yet we cannot ascend to the top of the mountain without changing those fundamental assumptions and without rethinking the implications of possessing nuclear weapons in to-day’s globalised world."

Selon Mary Kaldor (ibid.), “le contrôle des armements appartient à une époque où prévalait une vision absolutiste de la souveraineté nationale. Nous devons avoir le courage de marcher vers un désarmement nucléaire intégral et universel.”("Arms control belongs to an era when an absolutist view of state sovereignty prevailed. We need the courage to move to global nuclear disarmament.")

[2] "Nachspiel", terme allemand servant à désigner les conséquences nuisibles d’un acte de type conflictuel. En suédois, langue maternelle de l’auteur de ces lignes, ce terme d’importation est souvent utilisé dans un autre sens. Il désigne une sorte de « virée après la virée » de personnes qui ne veulent pas se séparer ni rentrer chez elles après la fermeture des bars. Elles vont chez l’une d’elles pour finir la soirée en buvant du mauvais alcool, des restes du début de soirée, en se saoûlant, et en faisant du tapage nocturne. Selon Urbandictionary.com, le mot "Nachspiel" peut aussi avoir cette connotation de ’party after the party’ en anglais. En français, cela correspondrait à peu près à la « troisième mi-temps » des joueurs ou des supporters sportifs, quand "les jeux sont faits".

[3] Cf. la Conférence du PANA du 5 septembre : International Peace Conference, War, NATO and the Lisbon Treaty (La guerre, l’OTAN et le traité de Lisbonne), 5 septembre 2009, Shannon Airport, Co. Clare, Ireland.
[4] Cf. Deen, Thalif : Obama to Bolster Nuclear Disarmament at U.N. Inter Press Service (IPS) 12 août 2009.

[4] Cf. Deen, Thalif : Obama to Bolster Nuclear Disarmament at U.N., Inter Press Service (IPS), 12 août 2009.


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