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Pendant l’affaire Cahuzac et la crise de Corée...
Pas de panique. Nous sommes en de bonnes mains.


Publié le 4 avril 2013

Le monde politico-médiatique s’affaire et s’interroge sur la lucidité -voire l’honnêteté- du chef de l’Etat au regard ("les yeux dans les yeux") des turpitudes de l’un de ses ministres.

C’est une bonne manière de passer sous silence un fait qui saute pourtant aux yeux : l’indiscutable forfaiture du chef de l’Etat lui-même, rendue patente par ses déclarations télévisées du 28 mars dernier. Son mépris affiché pour le droit international, la parole de la France, les droits de l’Homme et la Constitution française.

C’est aussi un moyen de détourner le regard de ce qui se passe actuellement en Extrême-Orient, dans la péninsule coréenne et au Japon. Et plus précisément, des terribles dangers du nucléaire civil et militaire auxquels nous soumettent, avec le courage des autruches, nos élites aussi éclairées qu’incorruptibles.


En Corée, où le feu n’a cessé de couver depuis près de soixante ans, un dictateur de père en fils et petit-fils continue d’affamer la moitié du pays pour financer son armée et ses armes nucléaires. Et voilà qu’il menace d’employer celles-ci contre l’autre moitié du pays, voire, pourquoi pas, contre les Etats-Unis.

Certes, il y a beaucoup de rhétorique dans cette situation à la fois ubuesque et tragique. Mais il y a aussi de sérieuses leçons à en tirer. Au moins cinq.

Première leçon : Avec les armes nucléaires, d’une puissance délirante, on n’est jamais à l’abri d’un emploi délirant. Le risque d’un "accident" technique... ou politique... est permanent, et il est loin d’être nul.

Deuxième leçon : Les Etats-Unis ont beau disposer d’une gigantesque puissance nucléaire, ils ne sont pas parvenus à obtenir quoi que ce soit de la Corée du Nord, petit pays quinze fois moins peuplé que le leur et incapable pour le moment d’atteindre leur territoire. Pas plus qu’ils n’ont réussi à empêcher les attentats du 11 septembre 2001. La menace des armes nucléaires s’avère inopérante face à un adversaire déterminé, dès lors que celui-ci refuse de se laisser intimider - qu’il s’agisse d’un individu, d’un groupe ou d’un Etat et qu’il soit ou ne soit pas lui-même doté d’armes nucléaires en état de frapper la puissance nucléaire concernée. Politiquement, la menace nucléaire ne vaut pas plus que la valeur que lui accorde celui qui la subit - et non celui qui la manie. Même surpuissante et terrifiante par ses effets physiques, ses effets politiques restent aléatoires, variables selon les circonstances, la nature et la volonté respective des acteurs concernés. On peut en dire autant de la menace dite "du faible au fort", en l’occurrence celle de Kim Jung-un envers la Corée du Sud et les Etats Unis (dans la mesure où la première s’abrite sous le "parapluie nucléaire" des seconds). Pouvant à tout moment "franchir le Rubicon", il est en mesure de les inquiéter gravement, pas de les intimider. Mais si l’issue de cette crise comme celle des autres crises nucléaires est incertaine et si l’aiguille du Doomsday Clock peut avancer ou reculer, le risque de basculement dans l’horreur est, lui, indubitable et permanent. Ce n’est pas parce que, depuis Nagasaki, on y a échappé, qu’on y échappera toujours. Tchernobyl n’a pas suffi à éviter Fukushima.

Troisième leçon : Si par malheur Kim Jung-un décidait d’atomiser les habitants de Séoul (au demeurant ses compatriotes) avec l’une de ses bombes, on peut raisonnablement présumer que les Etats Unis ne répliqueraient pas en massacrant avec l’une des leurs la population de Pyongyang, mais agiraient plutôt à l’ONU et auprès de la Chine en vue de renverser le dictateur nord-coréen, quitte à accompagner ou à faire suivre leur offensive diplomatique d’une offensive militaire - unilatérale ou concertée - ciblant le dictateur et son armée par des moyens conventionnels, notamment aériens. Ainsi, même dans le pire des cas, les armes nucléaires n’ont pas d’emploi sensé. Elles sont "fondamentalement dangereuses, extraordinairement coûteuses, militairement inefficaces et moralement indéfendables", comme disait en 1996 le général Lee Butler, ancien chef du Strategic Air Command durant la guerre froide. Cf. Désarmer pour vivre

Quatrième leçon : L’arme nucléaire n’évite ni les crises militaires, ni les guerres. Au contraire, elle les provoque. Sa possession par certains Etats en incite d’autres à vouloir l’acquérir ou s’en procurer davantage, ce qui entraîne le risque de guerre, conventionnelle ou nucléaire, entre possesseurs ou entre possesseurs et acquéreurs de l’arme. La crise actuelle en Corée ne fait qu’allonger la liste des crises initiées par la crise des missiles de Cuba en octobre 1962 ; on peut y inclure, entre autres, la "crise iranienne" récurrente et toujours menaçante, mais aussi les deux "guerres du Golfe" (de 1991 et 2002) contre l’Irak de Saddam Hussein.

Cinquième leçon : S’il attaquait la Corée du Sud, qu’il use ou non de ses bombes atomiques, Kim Jung-un pourrait y faire des dégâts immenses et irréversibles en portant ses attaques contre tout ou partie des réacteurs nucléaires sud-coréens.

C’est ce que souligne un scientifique et militant antinucléaire américain, Steven Starr : Corée : les centrales nucléaires comme cibles de guerre Après une analyse accablante, Steven Starr conclut :

"L’illusion de "l’atome pacifique" pourrait bien être ébranlée sous peu d’une manière telle qu’elle ne pourra plus être cachée à la vue du public."

Cette illusion, un auteur français mal-pensant la dénonçait déjà il y a plus de vingt ans, devant un aréopage universitaire -un jury de thèse-, cinq ans avant de fonder l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire :

"Donc, pas de panique. Nous sommes en de bonnes mains. La preuve : après Tchernobyl (comme après Three Mile Island, dont on a fini par apprendre, neuf ans après la catastrophe, qu’elle fut du même "niveau" que celle de Tchernobyl), les ingénieurs et les penseurs d’EDF et du CEA ont été mobilisés dare-dare pour "tirer les leçons" et prendre des mesures de sécurité supplémentaires. Etant entendu que chez nous "un Tchernobyl ne pourrait pas se produire"... (Alors pourquoi cette mobilisation ? N’avait-on pas déjà prévu tous les dysfonctionnements qui se sont conjugués à Tchernobyl ?)

"Aux yeux de nos technocrates avertis, le seul vrai danger du nucléaire... c’est la peur qu’il inspire. Voilà pourquoi, en cas d’"accident-majeur" du type Tchernobyl (ou pire), le principal sinon l’unique souci du "plan Orsec-rad" doit être d’éviter la propagation des informations inquiétantes - vraies ou fausses, peu importe. Première urgence : "verrouiller" les médias, comme dirait le général Imbot. La méthode a déjà fait ses preuves à l’occasion de Tchernobyl.

"Pour que tout soit résolument prévu, même "le plus improbable", suggérons donc aux penseurs du CEA et d’EDF ce petit scénario, à peine plus saugrenu que les leurs :

"Un Sous-marin Nucléaire Lance-Engins, de 14 000 tonnes, est tapi à proximité des côtes françaises. Ses missiles M4 (ou M5 si l’on est déjà dans le troisième millénaire) viennent d’être armés en raison d’une alerte nucléaire, survenant dans un contexte de crise internationale. Un bâtiment de l’US Navy patrouillant en surface le prend pour un sous-marin soviétique (ou chinois, ou ce que l’on voudra, mais ennemi). Cette erreur est tout à fait normale puisque un équipage averti peut confondre un avion civil iranien en ascension avec un F14 américain en piqué. Le "pacha", à qui l’OTAN a délégué pouvoir d’utiliser ses armes nucléaires tactiques, prend dans la minute qui suit la décision qui s’impose pour la sécurité de ses boys, et expédie à l’adresse du supposé "Popov" un ou plusieurs missiles mer-mer Asroc (genre de super-grenade sous-marine nucléaire). L’explosion atomique sous-marine provoque un raz de marée qui soulève notre SNLE... et le projette contre une centrale nucléaire de bord de mer, en fonctionnement (ou si l’on préfère, en cours de chargement)."

"On peut modifier les variables : le sous-marin est bien soviétique, et le navire de surface est français. Ou bien le raz de marée est dû à un tremblement de terre, résultant ou non d’une série d’explosions atomiques. Pour faire bonne mesure, on peut remplacer la centrale nucléaire "PWR deux fois 1300 mégawatts" par un surgénérateur, type Superphénix.

"Dans tous les cas, calculer les effets du processus, et déterminer les mesures préventives ou, à défaut, les moyens de faire taire les médias.

"Ne pas oublier la trousse à pharmacie."

(Jean-Marie Matagne, Le pouvoir et la puissance - Enquête sur l’idéologie et la pratique des rapports de puissance, thèse d’Etat de philosophie, Strasbourg, juin 1991, volume 2 : "De l’équilibre de la terreur et du désarmement", page 190)

Ce fut donc écrit il y a 22 ans. Depuis, on a remplacé comme prévu les missiles M45 par des M51 à bord d’un premier SNLE, et rajouté des pilules d’iode dans la trousse à pharmacie. Qu’importe Fukushima, qu’importe Pyongyang, dormez tranquilles, braves gens. Vos élites veillent sur vous.

Demandez-vous quand même s’il faut attendre 2017 ou la prochaine catastrophe pour exiger le changement de politique qui devrait s’imposer.

Sans attendre, répondez à "l’Appel des 113" : signez la LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE et rejoignez la campagne RAHAN, pour un Référendum et l’Abolition Historique des Armes Nucléaires !


Pour mémoire, rétrospective sommaire des articles concernant le sujet sur le site d’ACDN :

26 février 2013 (Appel des 113) : Deux lettres au président de la République et une DEMANDE DE REFERENDUM

30 janvier 2013 : Désarmement nucléaire : "Ce qui freine le plus actuellement au niveau des Etats, c’est la France Interview de Jean-Marie Matagne sur France Inter (5’ 30’’)

24 juin 2012 : Désarmement nucléaire : Europe Ecologie-Les Verts adopte le référendum

19 avril 2012 : Lettre à François Hollande : Le Far West atomique, ça suffit

5 avril 2012 : Présidentielle : voici venu le temps des assassins

15 février 2012 : Nucléaire : François Hollande, le triple C

13 février 2012 : Vente de Rafale à l’Inde : une infamie à l’état pur

22 novembre 2011 : Accord PS-EELV : la soupe et les lentilles seront radioactives

9 juin 2011 : Sortir du nucléaire civil de suffit pas par Eva Joly et Jean-Marie Matagne, Ouest-France

13 avril 2010 : La France, mouton noir des Etats dotés d’armes nucléaires

22 décembre 2008 : Au Brésil et ailleurs : la France contribue-t-elle à la prolifération nucléaire ? Le débat du jour sur RFI : Alain Lamassoure et Jean-Marie Matagne (14’ 30’’)

18 décembre 2007 : Appeal to All Europeans To Prevent War Against Iran par Michel Rocard, Yehuda Atai et Jean-Marie Matagne

28 juillet 2007 : Le rêve méditerranéen de Nicolas Sarkozy : un cauchemar nucléaire

20 février 2006 : Jacques Chirac, grand patriote, marchand d’atomes et marchand d’armes


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